Comment faire ? se partager, développer un don d'ubiquité, ne plus les voir, faire semblant que le malaise n'existe pas... Ah oui, faire semblant, sourire, et continuer à vivre, rire, tout en sachant que plus rien n'est pareil...
Tout est pretexte au conflit, d'un côté comme de l'autre il n'y a plus d'indulgence. Et toi là au milieu, que fais tu ? tu regardes, passive, lascive... un flot d'inaction t'envahit, tu as déjà essayé... Alors à quoi bon recoller, reconstituer, réarranger là où le néant s'est installé.
Il y avait tellemment au milieu, avant, il n'y a pas si longtemps. De la complicité, des liens, de l'admiration, de l'amitié... Ca s'envole plus vite que les mots tapés au clavier. Tu cours pour les rattraper ces sentiments ressentis, tu attises les cordes sensibles... un mois, tu y as presque cru et non toujours le vide. Non le plein, le plein d'aigreur, de colère, de jalousie, de rancune, de mise à l'écart...
Alors à quoi bon, plus jamais trois, mais toujours deux, une à la fois....
Et au milieu là toi, tu te sens comment ? En plein champ de mines, les territoires sont piégés, les fautes faciles, les répliques tailladent, l'intolérance règne en maître. Tu tombes vite au moindre faux-pas. Tu as peur d'en perdre au passage, tu résistes à l'orée de ce relationnel conflictuel. Tu protèges ta peau contre les réactions épidermiques, tout faire pour éviter la contagion. A quoi bon, pour combien de temps ?
C'est le son du final que tu entend, tout le monde regarde. Tu ne peux plus rien faire, plus reculer devant le travail de sape des artificiers. Il n'y a même plus à choisir. Les feux sont allumés, il reste à attendre que tout soit consumé. Allez, mets toi à l'abri, tu es épuisée...
Comment t'erre ?