J'ai pris trop, beaucoup trop de retard... J'ai beau me dire qu'il y a des choses plus importantes, des choses plus dures, plus trashes, plus irréversibles... Ca revient, ça m'obsede, j'ai pris trop de retard...
Je me reveille en sueur à 4h, mes yeux s'ouvrent et à cette seconde même, tout me revient, s'insèrent dans ma cervelle, et la boule, celle qui est là au fond de l'estomac, grossis à faire peur à l'autre là, la toute petite boule de joie de vivre logée de l'autre côté, celle qui donne la niac. Elle résiste la petite, elle survit en attendant le mieux... Le mieux qu'on espère tous pour le plus tard...
Et là, à 5h, j'ai peur qu'elle s'en aille la petite, elle devient fragile, un rien la fait diminuer, elle devient émotive... Sa nouvelle compagne, la boule de stress, l'envahit, un rien la fait grossir...
A 6h, la petite essaye de raisonner la grande... "allez, soit pas égoïste, prend pas toute la place, arrête de grandir je t'en prie", rien à faire, elle est sourde la grande, on ne lui a pas donné le don d'écouter... La grande, elle me fait me terrer plus profond, à enfoncer le matelas dans le sol...
A 7h, j'entame un essai de résistance, j'écoute et je perçois un ronron très bas, derrière le vacarme assourdissant à faire peur que fait la grande... La petite boule de joie de vivre est là, tout derrière "allez, lève toi c'est pas si dur, y'a des choses plus dures, plus trashes, plus irréversibles... t'es en vie là, vas y tu peux"...
A 7h10, puisque je l'entends encore, même si c'est faible, juste un chatouillement délicat, je l'écoute... J'y vais..
Et chaque soir, chaque soir de plus, je me demande si elle sera là demain ma petite...
HHH jusqu'au prochain réveil
Comment t'erre ?