histoire de moyen de locomotion

Mercredi 14 mai 2008
De l'humeur agressive dans l'air. J'ai bien regardé, il n'y a pas de pleine lune pourtant. C'est le changement de saison, vous croyez ? Peut être cet air orageux qui prédomine.
C'est comme ça qu'aujourd'hui, je me suis faite klaxonnée quatre fois. Et je n'ai rien changé à mon habitude de nonchalance cycliste pourtant. Je prends parfois peut être un peu trop de place pour le pauvre automobiliste pressé, mais c'est le seul moyen de rester en vie... Ici, c'est le milieu de la route ou la vie... J'ai choisi raisonnablement le milieu de la route. En plus, j'y pense à mon petit automobiliste, je mets des couleurs en vélo, j'éclate de brillance, même avec les cheveux au shampoing activateur de reflet. L'automobiliste de mon coeur, il ne peut que me voir et ne pas m'écraser, je pense à sa conscience aussi tellement je l'aime.
Oui, mais voilà, ils sont agressifs à souhaits depuis quelques temps. Je vous passe la grognasse du jour qui après être passée devant mon magnifique faux BMX auquel ma longue "pédalation" fait grincer des pignons, a continué, oui la grognasse même, a continué à klaxonner contre le Bus, contre un piéton... On s'amuse à me taxer de clic-compulsif, mais le klaxon-compulsif c'est pire non ?
Ils sont si agressifs que lundi même, qui fut un jour de baignade collective à deux avec l'amie ayant aussi une attitude cycliste des plus raisonnables, oui ce jour là même du lundi, on a eu le droit à un doigt d'honneur. Une blonde, tout à fait outrée de notre présence s'est permise un geste peu scrupuleux, voir même malpoli si il n'y a pas autorisation des deux parties. Ni une ni de deux feux plus tard, avec toute la classe qui la caractérise, l'amie partageuse du bain, a lancé à la blonde mais pas aux racines, une réplique bien sentie, que je tairais dans sa totalité, dès fois qu'elle veule y mettre un copyright... Donc à coup de mots doux bien choisis comme "bouge" "cul" opposé à "assise" "voiture" et les "asse" d'accompagnement, on les a dépassé et sans bras d'honneur, car elle a la puissance du verbe l'amie, pas besoin de malpolitesse non plus.
Dans tous ça, c'est qu'àprès il a fallu boire un verre pour s'en remettre les nerfs... Je vous jure les gens agressifs, ça nous rends alcooliques, c'est pas de not'faute...

HHH se déplace toujours aussi dignement cyclistement parlant.
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Dimanche 4 mai 2008
C'est toujours au même endroit que ça se passe. Je trouve ça dingue ce genre de coïncidences. Juste après cette montée, avant ou après le virage selon l'humeur, ça saute. Malgré tous les soins que je lui prodigue, rien à y faire, ça saute.
Ma chaîne de vélo est capricieuse. Elle est programmée pour dérailler et se coincer là. Ah oui, parce que ça ne suffit pas qu'elle déraille, elle se coince aussi. Pourtant, c'est un endroit où il faut bien que je change de vitesse si je ne tiens pas à mourir jeune, juste le style de montée à crise cardiaque automatique si tu n'as pas un vélo 15 vitesses, trois plateaux, oui tout ça au minimum.
Au bout de la quatrième fois je fais gaffe, je change tout doucement, évite de faire la brute avec les vitesses, les passe une par une en montant, mais non, rien à y faire, elle a sautée.... Et elle s'est coincée et ça me rend dingue.
J'ai fini par penser qu'il y avait un truc avec cet endroit de la ville, un genre de triangle des bermudes qui au lieu de perturber magnétiquement les avions, bateaux et autres, perturbe le passage mécanique des vitesses de vélo. Si si, je suis sûre que c'est possible, je ne vois pas d'autres explications...
Et puis, en plus, c'est un triangle des bermudes à humour particulier, parce qu'à chaque fois que le déraillement se produit, la situation devient cocasse de clichés. Tiens, par exemple, en février, ils étaient cinq. Et oui, cinq pour moi toute seule. Des légionnaires, parce qu'il y a une base à côté, traînaient dans le coin. Je déraille. Si ça c'est pas fait exprès pour qu'ils m'aident. Forcément un légionnaire qui voit une fille retourner son vélo et tirer de toutes ses pauvres petites forces pour décoincer une chaîne, comment tu veux qu'il ferme les yeux... Il s'arrête le légionnaire, enfin les cinq pour le coup.
Tiens autre exemple de ce samedi, vu que je retourne sur ce triangle des bermudes urbains, forcément que ça réarrive. Et crois y si tu veux, je déraille et ça se coince juste devant une terrasse de café pleine. Oui, pleine de mecs, si ça c'est pas une chaîne de vélo avec de l'humour tiens ! Ils sont quatre à se lever de suite, deux trois autres à donner des conseils et quelques uns à rire de me voir autour du vélo, en train de dire qu'une seule personne suffit vous savez.
Je le connais bien mon vélo, faut d'abord tirer un bon coup sur la droite sisi... Et gaffe quand même... Mais non mais... c'est que je vous jure, que maintenant... Eh oh écoutez moi les mecs.... Rahhh hého, je sais bien que quand vous bricolez, vous n'écoutez pas les filles, m'enfin....
J'ai réussi à me frayer un chemin, et là je leur ai montré... Nan, pas besoin de tirer deux fois comme une brute, une fois suffit, et après hop hop, un cran en avant, un cran sur le côté, et toute la douceur féminine suffit... Si si... Mais merci hein, merci, fallait pas, c'est gentil, merci merci.. Nan nan, je ne bois pas un verre... Oui, à bientôt hein, merci...

HHH sait toujours dérailler au bon endroit au bon moment.
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Mardi 26 février 2008
C'est le jour, où tu décides d'aller au bureau en bus... Chargée pas comme un âne mais au moins comme une bourrique, comme une bourrique pour donner un peu le côté stupide de l'inutilité du chargement. C'est vrai, amener du travail chez soi pour le week-end, quand on ouvre un pourcentage désuet de tout ce qu'on a déplacé du bureau, ça devient le chargement de bourrique du mardi matin.
C'est le jour où le chargement impose la nécéssité du bus.... Huit kilomètres de vélo, en côte et en chargement, c'est un coup à s'attraper des muscles aux jambes comme Izbul aux bras, pour une fille, c'est pas classe....
C'est le jour, où déjà rien que d'aller à l'arrêt de bus, tu as perdu un peu du souffle qui nous rends vivants.  En plus, il a fallu dire bonjour, parce que c'est toujours le jour, où l'on respire mal, qu'il faut en plus parler bien.
C'est le jour, où il y a un tas de monde à l'arrêt de bus, alors qu'à cette heure, que tu tairas pour ne pas faire peur à ceux qui se lèvent tôt, c'est pas la foule qui te fait peur normalement. Tu rajoutes donc, deux trois bousculades, quelques envies de meurtres, et un brin de piétinage de ton pied, alors que tu as choisi de mettre les petites chaussures de filles qui laissent des orteils suffisament vulnérables, pour crier à l'agression....
C'est le jour, où finalement, tu prends un journal pour au moins bénéficier d'un temps d'isolement. Simultanément  tu apprends par les yeux sur le journal et par une oreille tendue vers une personne qui arrive à grands cris :
C'est le jour où il y a une grêve des transports....
C'est devenu alors le jour où il faut savoir lever le pouce....

HHH partie en stop, arrivée plus vite qu'en bus...
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Jeudi 21 février 2008
Monsieur Voiture " Faudrait peut être voir à regarder où tu vas !!! T'es dangeureuse oh "
Mademoiselle Vélo " Faudrait peut être voir à mettre ton clignotant quand tu tournes !! " (Et c'est celui qui dit qui y est oh)

Monsieur le passant " Courage mademoiselle, ça grimpe hein..."
Mademoiselle Vélo d'un souffle, le seul restant d'ailleurs  " Merci "

Autre monsieur voiture " Allez avance un peu... "
Toujours mademoiselle vélo " Ca va hein, c'est pas tes muscles que j'utilise, t'as rien à dire oh " (tu veux t'batt'e ? euh il ne va pas sortir de sa voiture j'espère ouh là là)

Madame Voiture "
Attention à vous ! "
Mademoiselle vélo dans l'interdiction s'arrête "Euh merci" (C'était pour être polie ou pour être ironique ?)

Monsieur vélo de 70 ans avec tout l'attirail du tour de France qui colle au corps, qui se met sur la tête et qui te compte les tours de roue
" Excusez-moi..."
Mademoiselle vélo respirant à peine, perlée par la sueur, d'un air faussement enjouée pour dire que tout va bien
" Je vous en prie, passez " (il a des cheveux blancs ouinnnnn, j'en peux plus houh ouh bouh, pourquoiiiiiiiiiiiii...)

Monsieur Voiture numéro trois fait des signes pour passer d'un air plus que pressé, l'air qu'on a quand faut vraiment y aller, mais qu'il y a une queue de 10 personnes devant. Cet air là où tu gigotes dans tous les sens, en pensant que la prochaine fois, il te faudra amener un rouleau à pâtisserie pour assommer les 9 personnes précédentes. Les soupirs et les cris d'impatience s'entendent à travers la vitre, le faire attendre lui, c'est de l'injustice citadine...
Mademoiselle vélo égale à elle-même d'un air flegmatique et fière passe sans se presser, il ne manquerait plus qu'elle se dépêche d'aller bosser.

Bilan de la semaine : une dizaine de frayeurs, quelques prises de becs, quelques sourires, Des envies de meurtres, la joie d'être vivante, l'envie de remettre des roulettes à son vélo.

HHH pédale plus vite que son ombre...
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Vendredi 18 janvier 2008
J'ai beaucoup marché dans le métro,
J'ai chanté, de temps en temps
J'ai joué au chat et à la souris sans que les autres le sachent,
Je suis tombée, une fois, et j'ai fait comme si de rien n'était,
J'ai fixé des personnes sur l'autre quai, juste comme ça,
Je me suis évanouie une seule fois,
J'ai souri, et ri un nombre impressionnant de fois,
J'ai pleuré, et ravalé quelques larmes, mais pas souvent,
J'ai senti des senteurs étranges, et ça c'est permanent,
   J'ai réfléchi, beaucoup....
J'ai parlé, à chaque fois que j'en ai eu envie,
J'ai couru, mais le moins souvent possible,
Je n'ai jamais craché, encore heureux,
J'y ai jeté beaucoup de chewing gum,
J'y ai mangé beaucoup de petit-déjeuners,
J'ai râlé selon l'heure,
J'ai regardé en l'air une bonne partie du temps,
J'ai écouté de la musique très souvent,
J'ai changé de chaussures, pour aller plus vite
   Et puis j'ai encore réfléchi, un peu,
J'ai joué à pile ou face pour une place et j'ai perdu,
J'ai dit "pardon, pardon", tellement de fois,
J'ai dit "sorry" quelque fois,
Je me suis recoiffée quand il le fallait,
J'ai fait demi-tour, assez souvent,
Je n'ai pas parlé aux conducteurs, jamais
J'ai vu un rat, peut être deux,
J'ai aidé à remonter bagages et poussettes, même si c'était lourd,
J'ai été aidé pour remonter mes bagages, même si je n'avais pas de poussettes,
   J'ai continué à réfléchir, encore... 
Et puis surtout, j'ai marché dans un chewing-gum aujourd'hui, pour la première fois....
 
HHH qui s'est fait coller le pied gauche....

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Vendredi 11 janvier 2008

J'ai déjà brièvement abordé les dangers du vélo en ville, enfin du vélo dans CETTE ville...
- les portières de personnes très inattentionnées, qui me font faire des minis crises cardiaques,
- les automobilistes de mon coeur qui ont pris le terme "angle mort" au pied de la lettre, et s'en servent pour me tamponner un peu pour voir si je vais vraiment mourrir de manière angulaire.
- les frôleurs à qui je peux dire que je préfère qu'on me touche avec ses mains plutôt qu'avec sa carrosserie.
- les perdus qui s'arrêtent au dernier moment dans un freinage quasi frein à main, en s'écriant tout joyeux "c'est là !!!", sans penser que je ne suis pas désespérée au point d'embrasser les pare-chocs, loin de là...
- les dingues de vitesse qu'on ne voit jamais, ils doivent arriver tout droit d'un autre espace-temps et grâce à eux j'ai baptisé mon vélo "Paf le chien" euh non Paf le vélo...
- les joueurs qui s'amusent à ne pas laisser d'espace entre le trottoir et la rue, parce qu'il ne faudrait pas que je les double.... Ah ça jamais ! Ils ne se tapent pas les bouchons pour que négligeamment je passe à côté comme une fleur... Je manque de politesse urbaine quand même, et en plus je n'utilise même pas d'essence, sale vile écolo que je suis....
- et en tout dernier, je vais parler de lui là !! Oui, toi le 4x4 du matin qui m'a réveillée... C'est vrai j'avoue, je suis coupable, les yeux cernés, l'allure décoiffée, un peu rapide pour compenser le retard et je n'avais même pas pris de douche, bon sang un crime !! Alors toi, conducteur de 4x4, tu t'es dis qu'il ne fallait pas accepter ça, où va t'on dans ce monde, si les vélos gouvernent avec en plus une cycliste à cette allure dans les deux sens du terme... Tu as agis, et sûrement trouver ça très drôle...  tu m'as gentiment approchée et vite doublée.... à côté d'une flaque bien creuse.... et je l'ai prise ma douche, merci, ça tombait bien, je n'avais pas eu le temps avec cette vie de fou-moderne... Vraiment merci... La prochaine fois, tu ne pourrais pas jeter un peu de liquide d'essuie-glaces ? parce que l'odeur "fumée du pot d'échappement" en plus de la douche "pluie-acide-de-la ville qui a eu le temps de mariner sur le goudron", ça fait un peu beaucoup non  ? 

HHH cycliste en danger mais qui ne compte pas se laisser faire...
(*) ça sonne comme une comptine non ?

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Jeudi 29 novembre 2007
Les transports en commun, c'est la certitude de l'imprévu... 
Il y a cette fille, tout de fashion vêtue, elle parle en jurant d'une voix aigüe et tient bien à se faire remarquer. Ses amis les lycéens, elle les fait rire, elle provoque aussi, elle allume une cigarette dans le bus, parce que bien sûr qu'à environ 15 ans on en a le droit. Il faut marquer son territoire nicotinique, il faut prouver qu'on est la plus forte. Et elle le dit :"j'irais pas en math, qu'est ce tu crois, l'interro j'en ai rien à foutre"... Ben ouais, qu'est ce qu'on croît nous, que c'est une gentille petite élève qui fait ses devoirs, mais non, c'est à la mode d'être cancre, et elle, elle est fashion bordel...
Il y a ce type que la fumée gêne. Il tousse et la Fashion elle fait semblant de ne pas entendre. Elle continue à crier son adolescence avec triangle et trompette, pendant que l'Anti-fumée s'étouffent. 
Pas loin d'Anti-fumée, il y a cette femme qui râle. C'est vrai qu'on ne lui donne plus de sachets plastiques pour ces courses, alors elle est obligée de tout mettre dans son sac. Elle s'en fout, elle, du plastique qui vole dans les rues, c'est vrai puisqu'on en fait des films. Et le plastique au bord de l'eau qui finit dans l'estomac du dauphin, tout pareil, du moment que ce n'est pas son estomac.
Et quand râleuse s'arrête, c'est les nains qui entrent... Toute une classe de petits piailleurs. Eux ils te font sourire, il y en a un qui raconte une histoire de loup-garou à une. Parce que c'est bien connu que les naines, elles ont peur plus facilement. La naine, elle lui dit que c'est pas drôle son histoire, y'a pas de princesse dedans, et y'a beaucoup trop de poils...
Râleuse, Fashion, les Nains et Anti-fumée dans un même bus, c'est la certitude de l'imprévu...

HHH en observation, à sa place.
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Mardi 13 novembre 2007
Se lever le matin, poser les pieds, décoller les paupières, se préparer et prendre le métro... Mais je le connais celui là, il va falloir que je parle, jeter les premiers mots hors des cordes vocales, dialogue :
- Salut, euh... (zut de zut fichtre s'appelle comment ?), comment ça va depuis la dernière fois? (saperlipopette, mais où est-ce que je l'ai vu la dernière fois d'ailleurs?)
- Bien, euh, et toi ?
- Bien aussi, et qu'est ce que tu fais là ? (gagner du temps, à la recherche de l'information qui peut aider, lire entre les lignes..)
- je vais jouer avec un pianiste pas très loin... 
- bien (bon un musicien, attend, attend, ça vient ! Il joue de la contrebasse, allez je tente le tout pour le tout....), contrebasse, piano, sympa dis donc !!!
- oui, on fait un peu d'impro de jazz... (ouh ouh me suis pas plantée, j'assure, hé hé, bon je n'ai toujours pas son prénom..), et toi, vous avez rejoué depuis le courant d'air café ? (ah c'est là que je l'ai vu, ben non je ne m'en rappelle pas beaucoup, il m'aide un peu sans le savoir, mais le flou artistique du métro du matin reste....) 
- non pas pour le moment, on répète seulement...
- t'as pas l'air bien réveillée (ben ça va toi, dis qu'j'ai une sale gueule, suis pas bien réveillée, et suceptible en plus)
- mouais, je suis pas trop du matin, tu sais (et me dis pas que ça se voit, sinon je sors les griffes, et je te plante mes nouveaux talons dans le pied, ça sera dit que je vais les utiliser mes nouveaux arguments de filles...)
- ah c'est mon arrêt à bientôt (ouf)
- à bientôt euh (machin chose que je sais plus comment tu t'appelles, et que tu dois pas le savoir pour moi non plus non ?.....) 
-à bientôt Hemylie (fichtre de fichtre lui il se rappelle, ahhhhh honte sur moi, ça se trouve je lui ai même donné mon numéro....) 
Torture mentale à 27 ans du matin, tout va bien..... juste que je viens de me rappeller de son prénom là maintenant..... Malin la mémoire, malin....

HHH en rencontre impromptue matinale, que ça lui va mal.... 


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Mercredi 28 mars 2007
Un soir où tu rentre du sport...
(parce qu'il faut en faire du sport, "c'est bon pour ce qu'on a", phrase préférée d'un ami, qui me fait à chaque fois me demander "mais qu'est-ce que j'ai ?", parce que je ne suis pas la moitié d'une parano !)
Un soir où tu rentre du sport, tu montes dans la voiture et discute avec l'amie présente.
(une discussion résumé en ça : blabla-avenir-blabla-choix-blabla-agir-blabla-amour-blabla-qui rime pas toujours avec toujours mais parfois avec encore d'accord)
Un soir où tu rentre du sport, tu montes dans la voiture et discute avec l'amie présente, quand soudain sur le bas-côté de la voie rapide des quartiers nord-marseillais, marche un jeune...
(wahh un jeune, vous avez peur hein...)
Tu t'arrête, il est là seule sur une voie rapide, une petite voie te dit danger... pour lui ! Allez monte, on t'emmène, reste pas là. La conductrice s'est arrêtée sans warning.... Et parle au téléphone...
(là on dit tous bouhouh c'est pas bien.... et je dis oui oui je sais... c'était juste pour faire peur au petit jeune qui a accepté de monter...)
La conductrice s'est arrêtée sans warning.... Et parle au téléphone, donc se trompe de chemin. Là, tu te sens gênée pour lui... Il se sent gêné pour toi... Il te dit c'est pas grave, laissez moi là quand même... Tu lui dis, ben non on peut pas te faire ça, on propose de t'emmener et au final on te dépose à l'autre bout..... Allez on te ramène pour de vrai sans se tromper, promis juré craché.
(crache crache pffiout virtuel, parce qu'on crache pas dans la voiture)
Il s'excuse tout plein de fois, tu t'excuses tout plein de fois. Et il dit "non mais vraiment déposez moi là, ça ira"
(on pourrait presque croire qu'il a peur de nous...)
Et il dit "non mais vraiment déposez moi là, ça ira", ou alors "klaxonnez le scooter là"... Tu t'interroge, comprends pas... quoi le scooter ? Cette interrogation se fait simultanément au klaxon, parce qu'il n'y a pas besoin de réfléchir pour klaxonner...
(ça c'est démontré-prouvé, il y a un stage de klaxon avant de pouvoir prétendre à la nationalité marseillaise...)
La voiture s'arrête, le scooter s'arrête... Deux jeunes sur le scooter nous regardent à l'avant... On entend résonner dans leurs têtes "mais qu'est qu'elles veulent les meufs ?"...
(Là ça va être le dialogue)
La conductrice avec aplomb "Je crois qu'on a quelqu'un pour vous là"...
Le jeune-auto-stoppeur-sans-l'avoir-demander sort de la voiture...
Les deux jeunes nous parlent à nous : "mais vous l'avez trouvé où ?"
"ben il était tout seule sur la voie rapide alors."...
"mais t'y es fou où quoi ? sur la voie rapide ?"
"ben la voie rapide c'est un raccourci"...
"t'es con ! allez monte"
"ben à trois sur le scooter sans casque, vous êtes sur ?"
(ça fait rire de la part de deux personnes qui s'arrête sur la voie rapide sans warning, et au téléphone, et accessoirement une clope....)
Et voilà, l'image reste gravée à l'intérieur... Un scooter, trois personnes bien serrées, souriantes, deux "au revoir" de la main gauche, un autre de la droite....  Ils recherchent l'équilibre...
Des sourires, pour des fous-rires.... Un taxi-brousse en pleine ville... Une aide qui rend heureux...
(La vie à marseille quoi !)
HHH marseillaise adoptée un peu, convaincue souvent, heureuse d'être là la plupart du temps...
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Mercredi 14 février 2007
    En aparté : Je sais pas ce que j'ai.... mais tout le monde me parle.... Je dois avoir repris ma tête de fille accessible avec écrit sur le front "cool la vie...". C'est vrai ça, je me suis toujours demandé pourquoi à certains moments, je me lève le matin avec un sourire, une volonté de conquérir le monde, gravir toutes les montagnes, sans que quoi que ce soit ne le justifie... Aucune nouvelle, aucun changement par rapport au jour précédent ... Et alors voilà que tout le monde me parle....
   Les histoires de bus continuent, mais ce n'est plus une conversation attrapée au vol, j'en deviens actrice....
    Il entre dans le bus, s'assoit à côté. Je lis (au passage, j'en profite, je ne l'ai pas fini mais je le trouve déjà captivant : "l'autre comme moi" de José Saramago). Je fais tomber un crayon, me baisse pour le ramasser... San faire exprès, je le jure, je le touche au passage... Enfin je l'effleure... Je m'excuse rapidement. Il me regarde et me dis calmement  qu'il ne sait pas si il va pouvoir me pardonner. Une seule chose réussit à sortir de ma bouche : "Ah"
    Et là, l'atmosphère bascule..... Alors là je sais que tout le monde s'imagine que gna gna gna belle histoire d'amour et truc qui dégouline berk berk crache crache... Et ben non ! A partir du moment ou j'ai prononcé le Ah, j'ai du dire ensuite 3 phrases (attention des simples, sujet verbe, complément, pas plus...)... Effectivement, l'atmosphère a basculé tout entier dans son monde à lui... J'ai même pas besoin de connaître son prénom, je peux l'appeler 10 mots la seconde... enfin plutôt 20 mots la seconde... non, non, pas suffisant pour que vous compreniez bien, on va dire un roman à la seconde sans interruption....   
    On est parti de (enfin je devrais dire il est parti de... ) l'histoire de mon livre qu'il avait lu, à d'autres prix nobel de littérature, puis on (il..) est arrivé à shakeaspeare (comment ?  je sais pô...), on en ai venu au cinéma (comment ? ah là je sais, parce qu'on (il) a parlé des adaptations au cinéma de ses pièces)... Puis est venu toute l'historique du cinéma japonais ; et là j'ai casé une phrase ahahah sur le film "Zaitoichi" de Kitano qui est à voir.... Et c'est reparti pour toute l'historique de la littérature japonaise, puis asiatique puis les voyages en asie puis la géographie et un petit détour par le comportement des japonais, et vient le tour des états-unis, steinbeck et compagnie, et puis les russes comme dostoievski.... et tout ça (je pense en plus que j'en oublie...) en 20 minutes.... Si si si, je l'ai pas appellé "un roman à la seconde sans interruption" pour rien....
    Il a failli raté son arrêt de bus, s'est arrêté en plein milieu d'une phrase pour courir en dehors du bus, a frappé sur la vitre pour me faire un grand clin d'oeil.... Et là silence..... Wahh je me sens alors toute décoiffée, lessivée par ce moulin à paroles (j'ai compris hier le véritable sens profond de cette expression), qui avait juste besoin d'une oreille. Il est rentré dans le bus pâle et sans sourire, et est reparti rose-souriant (en me prenant une partie d'énergie...)
    J'ai appris plein de choses, n'en ai retenu qu'un quart au mieux... On verra si j'en ai stocké dans mon inconscient, et que ça ressort plus tard..
    Une personne en face de moi a assisté à la conversation sans y prendre part (enfin si je dis ça pour lui je peux le dire un peu pour moi aussi, je suis assistante de conversation, avec soutien de conversation toutes les 2 min par un "oui", "non", "mmmm"... ). Cette personne me dit "Vous êtes patiente mademoiselle..." Et là je suis heureuse, on vient de me reconnaître une qualité que je revendique, la patience....
    Le bus est retombé dans le silence plus ou moins étouffé de conversations voix basses.... Je reprends le fil de mon histoire. Qui est "l'autre comme moi" ?
HHH
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il faut le dire...

J'ai failli appuyer direct sur le bouton rouge à la manière de "je dis rien mais je me casse..." mais je n'ai pas pu... Je voulais vous dire bye, et si vous passez par marseille, je fais les visites...

Qui ?

quoi ?

"Les étudiants toulousains, c'est des touristes qui viennent de l'est"  un footballeur convaincu... (nouvelles notions démographique)
"L'ailleurs c'est comme la Lune, de loin ça fait toujours rêver, de près, c'est difficile à décrocher" une conteuse au grain de sable
"
De deux choses lune, l'autre c'est le soleil... " de Prévert (dans "Paroles").

AHléAHtouAHre

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